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Pour son premier rôle au cinéma, Marc Fraize, se fait remarquer par son interprétation, personnelle, libre et juste du personnage de ‘’Patrice ou Patrick’’, dans « Problemos », réalisé par Éric Judor.

Un emploi parfait, imaginé par Blanche Gardin (auteure du film aux côtés de Noé Debré), dans lequel se retrouvent tout l’absurde, la sensibilité et le talent unique de Monsieur Fraize.

« Et comme toujours chez Judor, les acteurs secondaires sont excellents(Mention spéciale pour Monsieur Fraize). »

Libération

                                                        

« Une note particulièrement haute pour les interprétations de Marc Fraize, Youssef Hajdi, Blanche Gardin (…) qu'on aimerait tellement revoir sur les écrans dans les mois et années à venir... »

Senscritique.com

«(…)«Problemos» révèle aussi et surtout toute une épatante troupe de comédiens - Blanche Gardin, Youssef Hajdi, Bun Hay Mean, Célia Rosich, Marc Fraize… - que l'on a hâte de retrouver sur scène et sur grand écran. »

Paris Match

« Le personnage du fraîchement converti Patrick/Patrice (tout le monde se trompe), grâce à son interprète, Monsieur Fraize, est particulièrement réjouissant. »

Le Figaro.fr

« Des comédiens impecs , dont une révélation,

Marc Fraize, dit Monsieur Fraize »

 L’Express

Marc Fraize au cinéma.

1/11

Le 13 septembre 2017 c’est dans ‘’Le Redoutable’’ de Michel Hazanavicius, présenté au Festival de Cannes, que vous avez pu le voir donner la réplique à Louis Garrel.

"Au Poste" de Quentin Dupieux aux côtés de Benoit POelvoorde, Gregoire Ludig, Anais Demoustier...

« L’ascension balèze de Monsieur Fraize. »

Les Inrocks

« Marc Fraize crève l’écran.»

Libération

« Fraize est un humoriste qui base son comique sur l’attente et le silence, ce qui enUn acteur parfait pour Au Poste ! auquel il apporte sa poétique du Temps. » Rayon vert cinéma

« Uns des plaisirs que peut procurer cette nuit au poste : Marc Fraize. » 

le Monde

« Marc Fraize génie de la gêne »

Trois couleurs

« l’un des personnages les plus hilarants de la filmographie de Quentin Dupieux »

Bande à part

Théo Ribeton

De “Problemos” à “Au poste!”, l’ascension balèze de Monsieur Fraize

 

Ou comment un ovni des planches est devenu en un an le nouveau visage le plus intriguant de la comédie absurde au cinéma. 

Une fréquentation assidue des plateaux parisiens (un soir au Paname, un autre au Café Oscar, le suivant au SoGymnase), une réputation qui s’y construit micro à la main, des compliments plus ou moins sincères échangés en coulisses et, un jour, un manitou du circuit qui vous prend sous son aile (Kader Aoun, Jamel Debbouze) puis, bingo, une chronique à Canal+ ou Radio France et, enfin, le seul-en-scène qui se monte, idéalement dans une salle de Jean-Marc Dumontet… Tous les humoristes éclos ces dernières années épousent peu ou prou les mêmes étapes. Tous, sauf un, qui a même réussi à quasiment toutes les esquiver : Marc Fraize.

Son personnage de Monsieur Fraize, un ingénu à polo rouge et pantalon trop court, tout le temps gêné, souvent gênant (“à chaque représentation, j’en vois quatre ou cinq qui se barrent”), c’est sur les routes de France qu’il l’a rôdé depuis une vingtaine d’années, en ne prêtant qu’une oreille distante aux sirènes parisiennes. Sa notoriété, acquise au bouche-à-oreille mais surtout grâce au soutien de ses pairs – la liste des petites salles et des festivals qui lui assurent fidélité lui donne des airs de “comique préféré de la profession” –, n’a rien d’une notoriété de son temps, avec animation online et réseautage précautionneux. Non, Marc Fraize est le type même du comédien hors jeu et bienheureux : “Je vis en Bourgogne, je suis marié à une femme que j’aime, j’ai deux enfants que j’adore, je bosse deux jours et me repose cinq.”

En fait, il en a bien rempli une, d’étape, celle du manitou. En 2011, Laurent Ruquier fait de lui l’élément weird de son show On n’demande qu’à en rire. Fraize garde son muscle absurde bien tendu sous la pression des lois cathodiques. Devant les mines médusées du jury, il dégaine des sketches de trois mots, pose des silences d’une minute. A la fois ce qu’on attend de lui, et un jeu que l’émission aimerait contrôler a minima : il la quittera sans regret (“ça m’a assuré des années de boulot”) mais déplorera plus tard l’ambiance délétère hors plateau et les velléités de recadrage de Ruquier.

Il ne fera pas de bien plus vieux os non plus dans les caves parisiennes où la relève stand-up aiguise ses punchlines : “Je ne me sens pas plus à l’aise dans les coulisses des comedy clubs que dans celles de la télévision. C’est un milieu dont le narcissisme me gêne, même s’il fait partie de l’exercice.” Il a pourtant fait quelques petits dans les jeunes générations, comme Jean-Philippe de Tinguy (Le Dernier Jean-Philippe), qui voit en lui “un papa, celui grâce à qui j’ai appris à composer avec les diktats de la vanne en vigueur dans les comedy clubs”.

Fraize ne s’est d’ailleurs jamais tellement retrouvé dans ces diktats. Comme premiers chocs, il cite Laurel et Hardy, Charlot, puis deux noms qu’on n’avait jamais entendus l’un à côté de l’autre mais dont il apparaît soudain comme l’hybridation évidente : Coluche et Andy Kaufman. Du premier, il ne cultive pas les attributs les plus célèbres, mais les plus importants : la tendresse, l’enfance, et cette espèce de monstruosité étrangement rassembleuse (“c’est le premier qui plaisait à la fois à mes parents et à moi”). Du second, il a l’audace scénique absolue, le goût des publics coupés en deux (“une moitié qui se tord de rire, l’autre révoltée”).

Assez pour finir par attirer les regards du cinéma. Cela commence l’an dernier par Problemos d’Eric Judor, “un amateur, et je dis ça sans aucun dénigrement, au sens d’un improvisateur compulsif, qui tente plein de choses sur le tournage”. Puis, cette année, Quentin Dupieux, “l’exact opposé, un monstre de méticulosité”. Les deux rôles se ressemblent : un adulte loupé dont la gaucherie faussement attachante confine peu à peu au sordide. Il y a beaucoup de Monsieur Fraize, mais moins qu’on ne le croit : “C’est un personnage défini par la scène, par l’interaction avec le public, par sa solitude.” 

Une reconversion pas tellement choisie, mais dont Fraize savoure les avantages – “Je commençais à me sentir un peu seul. Le travail à plusieurs, l’ambiance des plateaux m’aèrent l’esprit.” Sans jamais pour autant se départir de son lifestyle d’ermite. En pleine ascension, quelques mois avant de grimper sur l’estrade d’une salle qui l’a toujours fait rêver (L’Européen), il continue de refuser scénario sur scénario. Mais pas par manque d’intérêt : “Je fais surtout attention à préserver mon rythme – un mois à taffer intensément, loin de chez moi, généralement c’est non merci.” Il faudra donc à la fois retenir sa tête et s’habituer à des rendez-vous espacés. On a rarement vu une Fraize aussi peu la ramener.

MARC FRAIZE, VOLEUR DE SCÈNES

Second rôle singulier dans «Au poste !», l’humoriste burlesque cultive le malaise et l’ennui.

 

On discute depuis une demi-heure dans les fauteuils rouges du théâtre l’Européen, face à la scène déserte, quand Marc Fraize nous interrompt poliment : «Vous savez que vous dites beaucoup "du coup" ?» On ne s’en était pas rendu compte, mais maintenant qu’il le dit, c’est vrai qu’on use pas mal de cette locution vide de sens, mais bien pratique pour combler les temps morts. Le running gag est en place : la suite de l’entretien sera un enchaînement de contorsions verbales, ponctuées par les rires de l’humoriste dès qu’un «du coup» s’invitera dans la conversation.

Dans Au poste !, nouvelle comédie du non-sens de Quentin Dupieux en salles mercredi, son personnage a, dans le même genre, un «c’est pour ça» accroché à chaque fin de phrase. Ça irrite d’ailleurs le commissaire joué par Benoît Poelvoorde, en plein interrogatoire d’un quidam, témoin largué d’un meurtre qui s’est joué en bas de chez lui. Dans ce huis-clos burlesque, Marc Fraize crève l’écran en flic de bureau tatillon. «Le premier jour de tournage, quand Poelvoorde s’est retrouvé face à Fraize, j’ai vu un mec qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait, raconte Dupieux. Benoît se demandait qui était ce type qui sortait de l’asile.» A Hollywood, le Lyonnais de 44 ans aurait déjà gagné le titre honorifique de scene stealer - «voleur de scène» -, typologie de ces seconds rôles excentriques qui attirent la lumière. Il avait déjà fait le coup dans Problemos d’Eric Judor l’an dernier, en zadiste névrosé épiloguant sur les chips à l’ancienne et les supermarchés-Babylone.

Marc Fraize a jusque-là choisi ses seconds rôles dans des comédies d’auteur. A vrai dire, ils lui ont plutôt été offerts. «Au cinéma, je n’ai pas l’impression de mener une carrière», raconte le comédien au physique passe-partout. Son vrai métier, c’est la scène. Depuis dix-sept ans, il provoque le malaise dans tous les théâtres de France avec son alter ego, Monsieur Fraize. Aux Feux de la rampe fin 2017, on a assisté à une heure d’hystérie collective. Pantalon remonté aux aisselles et polo rouge, Monsieur Fraize commence sa représentation, ou plutôt ne la commence pas, en essayant d’interpeller son ingé son pendant trois bonnes minutes. Le reste est à l’avenant : le personnage de vieux garçon mal assuré refuse le spectacle pendant une heure, en feuilletant un prospectus ou en se retrouvant coincé derrière une sortie de secours.

Ce seul-en-scène a pris forme du côté de Lyon, où il est arrivé à l’adolescence avec une mère travaillant à Interpol, un père commercial en cuisine et deux frères. Groom dans un hôtel de luxe à 25 ans, il fait le tour des cafés-théâtres et y voit «beaucoup de gens qui tentent de rassurer le public. Je voulais prendre le contre-pied». A rebours complet du stand-up de chauffeur de salle, Fraize laisse le public seul avec lui-même. De l’incompréhension naît le rire débridé. «J’utilise plus les nerfs, le ventre, que le cerveau des spectateurs. Ce qui me prend le plus d’encre quand j’écris, ce sont d’ailleurs les silences. J’aime bien garder les gens en apnée», glisse-t-il, mi-sadique mi-amusé.

Beaucoup l’ont découvert dans un silence, justement. En 2011 dans On n’demande qu’à en rire, le télécrochet pour humoristes de Laurent Ruquier, il débute un sketch par quarante-cinq secondes sans un mot. Suivront une dizaine d’apparitions, déréglant à chaque fois la mécanique huilée du divertissement. Ruquier et la production lui demandent de rentrer dans le rang. Il lui est reproché de ne pas assez travailler par rapport à ses camarades. Fraize décide de lâcher l’affaire.«Ils se sont aperçus au bout d’un an que je me servais d’eux plus qu’eux ne se servaient de moi.»

Le hold-up aura fonctionné : les portes de tous les théâtres s’ouvrent à lui. Pourtant, avant cette exposition inespérée, personne n’avait pu voir Monsieur Fraize sur scène deux années durant. La dépression avait pris le dessus après la naissance de sa fille et son déménagement dans un village de 300 habitants. A l’époque, il tente de monter un spectacle itinérant, à la Molière. «Mais c’était trop dur. Le public rural n’avait pas les codes du café-théâtre.» A présent, il assure s’être bien adapté à cette vie à la campagne, à Bourgvilain (Saône-et-Loire), avec sa femme institutrice, ses deux enfants et son border collie croisé labrador. L’humoriste revendique même une culture de l’ennui, transmise à sa progéniture : «L’ennui favorise plein de choses. Il ne faut pas le voir comme une maladie.» Dans ses journées à la campagne «qui paraissent des semaines», pas de passions dévorantes sinon celle d’aller «se taper la cloche avec deux-trois copains». «Une vie toute simple.»

Deux inspirations reviennent régulièrement : Coluche et Andy Kaufman, humoriste américain surréaliste. Il l’a réconforté «sur le fait d’aller au bout du bout. Si tu veux vider une salle, vide la vraiment, pas de demi-mesure». En 2013, au Festival d’Avignon, il est allé plus loin, en placardant dans la ville des affiches pour un spectacle qui n’existait pas. Comme chez les deux comiques des années 70, on devine aussi une portée politique : «Monsieur Fraize, c’est une victime du système qui a peur de l’autre, de l’inconnu, d’être pauvre.» Lui aussi se voit en Français moyen, un stéréotype qu’il définit comme suit : «Quand tu t’extasies sur une promo pour la viande dans un prospectus de supermarché, devant BFM TV, et que c’est ton moment de détente de la journée.» Il vote blanc, déçu par l’offre, et trouve même que les politiques «piquent le boulot des humoristes» : la veille de la rencontre, Emmanuel Macron sermonnait un collégien qui l’avait appelé «Manu».

Il répète actuellement avec Alain Degois, dit «Papy», metteur en scène et référence dans le milieu, qui a découvert Jamel Debbouze et relancé Blanche Gardin. Le vétéran de l’humour est sous le charme : «C’est le plus grand clown excentrique qu’on ait aujourd’hui.» Il le décrit comme un «bon compère» qui avance «avec l’ambition de se faire plaisir».

Longtemps victime du syndrome de l’imposteur, Marc Fraize en est guéri depuis son expérience télé : «Dès qu’on m’a taxé d’escroc, je n’ai plus eu honte de gagner ma vie en bossant moins que les autres. L’escroquerie, c’est un métier.» Un métier qui lui a rapporté assez pour ne jamais avoir eu à se plaindre. A la rentrée, il jouera seulement deux fois par semaine à l’Européen, préférant garder du temps pour sa famille. Il promet, sincère, dans un poncif surtout révélateur de sa déconnexion avec le milieu, que ce sera «son spectacle de la maturité». «J’ai l’intention d’être pro, cette fois. Je vais remettre une cartouche d’encre dans mon stylo.» Pour écrire des silences, du coup.

 

 

2 juillet 2018